31/10/2014

Chez Moi

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credit photo/ www.tourisme.gouv.ht

Chez moi c’est comme une grande université dont la particularité est marquée par une  diversité de nationalités, une mosaïque culturelle  laissant croire, parfois, que nous sommes en contact direct avec le monde entier. C’est une cohabitation entre les pauvres (majoritaire) et les riches(ne dépassant pas plus que 10% de la population). Ces deux extrêmes sont condamnés  à cohabiter plusieurs années encore, si rien n’est fait pour corriger l’ordre actuel des choses. Chez moi, nous n’avons pas tous les moyens de vivre une grande vie mais nous rêvons tous d’une vie luxueuse. Au point que notre mode de vie de surface, à première vue, camoufle la véritable réalité haïtienne.

Chez moi c’est un pays ravagé par un séisme qui a causé la mort de plus de 200,000  personnes et  des milliers de sans-abris vivant sous des tentes dans des conditions inhumaines depuis trois ans.  Comme l’a si bien dit le célèbre chanteur français Charles Aznavour dans une chanson interprétée par plusieurs artiste en guise de solidarité avec le peuple haïtien après le séisme du 12 janvier : «oh Dieu qu’ont-ils fait pour mériter cette peine, ils n’avaient presque rien maintenant ils n’ont rien». Chez moi nous n’avons pas une grande économie et le peu que le pays puisse en avoir fait objet d’accaparement d’une minorité aisée. Cette situation socio-économique s’est empirée avec le passage du tremblement de terre qui a mis à nue nos faiblesses et nos mauvais choix de gouvernail.

Chez moi c’est un pays où les habitants  aiment faire la fête pour s’évader des soucis de la vie, n’était-ce que provisoirement. Une telle culture fait l’affaire de l’exécutif haïtien qui dépense des milliers de dollars pour organiser deux festivités carnavalesques par an  (Mars et  Juillet), pour  faire des soupes populaires, des dons de motocyclettes et des kits dans le seul souci d’attirer des foules. Paradoxalement le  président Michel Martelly n’a pas marché les mots pour dire que « les caisses de l’Etat sont vides ». Ce qui pousse certains analystes politico-économique à se questionner sur les dépenses inutiles et farfelues du gouvernement actuel  pendant que plus de la moitié de la population vit avec moins de $1 par jour.

Chez moi pendant toute l’année c’est le défilement des étrangers et compatriotes haïtiens. Un éternel va et vient à  l’Aéroport International de Toussaint Louverture. Des voyageurs soit pour des affaires politiques, sociales  économiques ou une visite touristique.  Parmi les visiteurs étrangers, Il y en a même qui ont des habitats, des entreprises, des organisations. Prenons l’exemple de l’acteur américain « Sean Penn » qui habitait en Haïti pendant quelque temps et qui œuvre dans l’humanitaire.

Chez moi c’est un pays riche en matière de ressources minières mais très pauvre en termes d’exploitation et pire en matière de répartition. En 2012, de nombreuses organisations ont élevé la voix contre  l’exploitation  illégale des mines d’or par des entreprises étrangères en Haïti,  plus précisément dans le Nord du pays. Dans une enquête menée  par un groupe de journaliste faisant partie « Ayiti Kale Je », un journal en ligne, fait état des familles expulsées de leur habitat à des fins de forage et l’absence de transparence entre les membres du gouvernement et des compagnies minières exploitant  des mines d’or du sous sol  haïtien. Cependant nous n’avons pas que de l’or en matière richesses minières. D’après les dires des responsables du Bureau des Mines d’Haïti, le sous-sol haïtien  comporte aussi de la Bauxite et du pétrole.

Chez moi c’est une multiplicité de religion. Ces temps-ci je peux dire que presque la majorité de la population est protestante surtout après le séisme en 2010 où  le concept de Dieu était la réponse de résignation d’un peuple délaissé en plein cauchemar. Certains ont même eu l’accord de l’Etat pour organiser des journées de prières en public. Mais cela n’empêche pas à ces personnes d’aller voir un prêtre vaudou quand elles en ont besoin. Certains adeptes du vodou parlent de 50% de protestant, 50% de catholique et de 100% vodouisants.

Chez moi c’est un  éternel ensoleillement, de belles plages, et beaucoup de sites touristiques empreint d’une touche naturelle. Le Nord et le Sud sont les départements les plus réputés pour les plus belles plages, il y a même des bateaux de croisières qui y viennent dans ces régions, spécialement à Labadee au Cap dans la citée d’Henri Christophe. Les sites touristiques sont nombreux en Haïti et les plus visités sont : « Bassin Zim », « le Seau d’Eau »,  « la Citadelle Laferrière », « la Grotte Mari Jeanne », le « Fort Jacques et Alexandre », « lakou Souvnans  » qui est l’un des haut lieux du culte vodou les plus fréquents en Haïti. Toutes sortes de gens s’y rendent : les hommes politiques, les ethnologues, les chercheurs et journalistes.

Chez moi c’est également une grande ressource humaine. Nous avons de grands écrivains, de grands historiens qui ont fait leurs armes partout dans le monde. Comme je le dis toujours si la période de dictature des Duvalier (Père et Fils) n’avait pas fait fuir nos cerveaux nous pourrions être loin de ce que nous sommes aujourd’hui. Bien entendu d’autres ressources humaines sont là mais depuis quelque temps,  malheureusement, c’est la politique qui est le dénominateur commun de tout.

 

 

 

 

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