static.skynetblogs.be/

static.skynetblogs.be/

La décision de l’ONU de consacrer le 8 mars à la cause des femmes constitue un symbole fort dans la lutte pour l’égalité des sexes.  La journée internationale de la femme, célébrée dans de  nombreux pays, offre l’occasion à chacun de ces derniers de dresser un bilan sur l’état des avancées de leur engagement dans cette lutte. Elle permet également de déceler les lacunes de cette démarche féministe et les mauvais élèves. Car, si certains pays se vantent de leurs progrès dans le combat d’égalité de sexe, d’autres en revanche font piètre figure. Tel est le cas d’Haïti, qui ne cesse de figurer dans la liste des mauvais exemples.

Haïti compte parmi les nombreux pays s’engageant officiellement dans la lutte pour l’élimination des disparités entre les sexes. Pourtant la persistance de cet écart, maquillée par des soi-disant progrès, témoigne l’indifférence des décideurs haïtiens à l’égard des droits de la femme. Héritiersd’un système patriarcal, les dirigeants haïtiens n’arrivent pas toujours à prendre des décisions rationnelles, en ce qui concerne la catégorie, qu’est la femme. Une catégorie qui ne peut occuper seulement 30 % des places disponibles dans les institutions publiques.

Pour bon nombre d’organisations haïtiennes, le rituel de cette journée se résume généralement à des : colloques, conférences de presse, des heures de sensibilisation. Ces activités se partagent en fonction du secteur dont il est question. Pour plusieurs organisations féminines, c’est le moment idéal pour fredonner leur éternel refrain d’égalité des sexes et de présenter, comme d’habitude, un ensemble de revendications sur la problématique de la situation de la femme haïtienne. Quant aux responsables étatiques, ils se contentent de discourir sur le sujet comme à l’accoutumée. Et le lendemain tout s’envole comme du sable sur une plage.

L’autre aspect déshonorant du 8 mars en Haïti, c’est la touche commerciale dans la commémoration. L’industrie musicale s’en mêle de la partie, en organisant des spectacles lucratifs, mettant en vedette certaines stars féminines. Et dans ce même fameux 8 mars on retrouve des femmes qui ne sont pas considérées comme des êtres humains ayant des droits et des devoirs. Du côté médiatique, l’agenda programmatique accorde une place importante aux acteurs des organisations de ces fêtes et spectacles. Question de conformité du moment. Entre-temps, les mauvaises conditions de vie de la majeure partie des femmes haïtiennes se perdurent. On pourrait en déduire carrément à la journée de certaines femmes. Bien entendu elles ne pourront pas vivre toutes de façon identique cette tradition symbolique.

La deuxième République du continent américain, doit remettre en question sa manière de commémorer la journée internationale de la femme. Celle-ci nécessite une réflexion en regard de l’origine de l’événement et du passé haïtien. Il est inadmissible que la première République noire néglige les droits de plus de la moitié de sa population.

 

 

 

 

The following two tabs change content below.
Diego Mythri GOUIN
Je suis Diego Mythri Gouin / né en Haiti / j'ai étudié la communication Sociale /

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *